• Ghost Runner

Dans mes Veines…!

Clair obscur nature.

22 Mars 2020


Retour sur ma sortie de course en sentier d'il y a quelques jours.

Après avoir savouré, dégusté, délecté, juste tellement apprécié ce pur moment de bonheur. Évidemment, il fallait bien s'attendre au retour du balancier. Le lendemain matin, en sortant du lit, j'avais à peine le pied posé au sol, que je savais que ma course de la veille n'était pas un rêve, mais plutôt bien réel. Je sentais bien que mon pied m'en voulait pour mon action spontanée de la veille. Mais pour être franc, je m'attendais à pire, à bien pire. Je négocie donc toute la journée avec une légère douleur au pied, mais principalement sous le pied, sous l'articulation de l'orteil central. Douleur qui existe depuis quelques mois. Douleur qui me laisse penser depuis un moment à une seconde blessure ou une blessure suite à la compensation de la fracture de stress, qui elle se situe plus haut sur le cou de pied. Hugues, mon physio, ne semblait pas trop y croire à notre dernier rendez-vous qui remonte déjà au début de Février avant mon départ pour Moscou. Bref, je ne suis pas trop rassuré, mais je reste tellement heureux d'avoir pu faire ces quelques kilomètres de sentier nocturne et enneigé, que mon bonheur reste entièrement intact.


Le lendemain matin, donc, le surlendemain de ma course, difficile de résister, j'y retourne. J'ai des sensations dans tout le pied. Très difficile à décrire tellement les sensations sont floues. Je vous rappelle que les gyms sont fermés, la piscine est fermée, la clinique de physiothérapie, la podiatrie, le médecin privé et le centre de radiologie ne veulent pas prendre mon cas, pendant cette période de Coronavirus, puisque pas assez urgent. Ce que je comprends très bien, mais ce qui n'aide pas du tout mon cas, à avancer médicalement parlant. Au téléphone, la secrétaire du podiatre m'a posé quelques questions, comme: votre pied est rouge? "Non! Votre pied est enflé? "Non!" Pouvez-vous garder votre pied au sol? "Oui!" Arrivez-vous à marcher? "Oui! Vous ne pouvez simplement pas courir? "Non! Mon physio me l'interdit", c'est alors qu'elle me dit sur un ton extrêmement détaché, "Alors ce n'est pas urgent!". Dans mon esprit ma réponse à la dernière question aurait dû tout changer, "Non! Mon physio m'interdit de courir depuis cinq mois", il me semble de toute évidence que ceci EST un CAS URGENT!!! Blague à part, je comprends complètement le manque d'urgence de mon cas dans la situation actuelle. Mais il reste que je ne vais pas rester à rien faire, encore pour quelques semaines, ou quelques mois, personne ne connait la réponse. Alors, peut-être que cette pandémie me forcera à me guérir moi-même, qui sait.


Bref, je suis de retour dans les sentiers avec quelques pincements au pied et sous le pied au départ. Mais les choses se placent au fur et à mesure. De toute évidence, je fais attention, pas de folie, pas d'accélération, pas de saut, pas trop de dénivelé inutile, une simple petite foulée de reconnaissance. Juste profiter du moment. J'ai quand même la sensation de sentir mon pied un peu comme un bloc, une entité, qui te dit "Fais attention à moi". Tout cela me semble un peu précaire. Mais tout de même satisfaisant. Une étape a la fois.


Le surlendemain, je suis chez moi, à la maison. Nous avons quitté le chalet pour quelques jours. J'ai une folle envie d'aller voir ou en est mon manque de forme, de vitesse et de cardio, avec une petite course sur route. Une toute petite, juste pour voir. J'enfile mes New Balance de route que j'aime tant. J'ai l'impression de revoir un vieux copain. J'ai l'étrange sentiment que nous avons plein de truc à nous raconter. Nous avons clairement besoin d'une mise à jour de nos vies respectives mes New Balance et moi. Le "Fit" est encore parfait, mon pied dans ma chaussure est comme une main dans un vieux gant de cuir. C'est un matin froid, un froid sec comme je les aime. Le soleil n'est pas très haut comme je cours toujours très tôt. Les petites rues que je croise sont désertes. Je suis seul comme toujours. C'est parfait. J'ai l'impression que le bitume est plus dur que dans mon souvenir. Mais je crois que c'est en fait seulement mon pas qui est beaucoup plus lourd. Je manque de légèreté. Le truc que tu mets des années à acquérir et que tu sembles perdre en quelques semaines. Mais j'avance, j'avance bien en fait. Je ne peux pas dire que le cardio est là, mais ça va. Je m'attendais à une catastrophe, donc le moindre point positif devient la plus grande bonne nouvelle de la journée. Je suis agréablement surpris. Aucune sensation au pied. Pas de douleur sous le pied. Du moins rien qui mérite mention. Évidemment c'est encore trop court comme sortie, je suis de retour vingt minutes plus tard. Je rentre satisfait. À ce moment là tout va bien. Les sensations sont bonnes. Je peux confirmer que même après cinq mois sans pratiquer cette activité, le plaisir et la passion de la course coule encore à très haute pression dans mes veines...



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