• Ghost Runner

Ton Esprit et ta Réalité...!

Un décor planté là, comme ça.

18 Mars 2020


Il y a déjà quelques jours que nous sommes confinés femme et enfants... Au chalet. Loin de tout et de tous. Pour ma part, je dois avouer que le concept de confinement dans la forêt est tout sauf un problème pour le moment. Je suis en fait totalement dans mon élément, entouré des gens que j'aime, d'arbres, de rivières, de lacs, de neige et de sentiers, avec un minimum d'humain autour de moi. Avec le seul problème, que je suis toujours blessé au pied gauche...


Fuck It! Rien ne va plus. Impossible de rester sans rien faire, même les monts de ski sont fermés. Je me lève à 4h du matin ce jour là avec une idée très précise. J'enfile mes chaussures et ma frontale. En ouvrant la porte du chalet pour sortir, j'ai le sentiment de m'apprêter à faire quelques chose que j'ai déjà fais dans une autre vie. Même appuyer sur la touche départ de ma montre me parait un acte tellement surréaliste. Simplement un pied devant l'autre, je m'enfonce dans la forêt au pas de course.


Soyons franc, au pas de course d'un gars qui n'a pas pu courir depuis presque cinq mois. Peu importe, c'est comme un fix d'héroïne. Mon corp entier subit les effets du bonheur. J'imagine un oiseau que l'on libère de sa cage après quelques mois d'enfermement forcé. Je sens tout mon corp me remercier. Mon pied me fait un peu mal au début, puis la douleur disparait, comme si les endomorphines avait anesthésié la douleur pour me laisser me concentrer uniquement sur le bonheur retrouvé. Je retrouve également mes sentiers, comme on retrouve les rues de son enfance, pareilles mais tellement différentes. Malheureusement, mes copines perdrix et mon "Dude" chevreuil n'étaient pas là, puisque personne ne savait que j'allais venir ce matin. Et il neige. C'est juste magique. Revoir le faisceaux de ma frontale passer dans chaque flocon de neige, entendre mes pas dans la neige craquante. Passer au pied de la montée Peter Pan et te dire qu'il est vraiment trop tot dans le processus pour commencer à faire du dénivelé. Mais tu y penses quand même, la chose traverse tout de même ton esprit. Feuilleter les pages de cette forêt sombre avec ta lampe, comme toujours en espérant découvrir quelque chose, quelque part, un monde fantastique peut-être, qui sait. Penser voir des yeux d'animaux derrière chaque arbres, puis te rendre compte que malheureusement tu es seul. Puis tu continues.


Evidemment, c'est trop court, mais se serais stupide d'en faire plus aujourd'hui. Je rentre donc au chalet, rempli de quelque chose qui m'avait tant manqué. C'est un sentiment étrange que de replonger vers ce qui te rend si heureux et humain à la fois, renouer autant avec ton esprit qu'avec la réalité... Ta réalité...

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